Les normes et labels : des outils pour accélérer la transition

23.06.2017

La question n’est plus de se demander si le monde sera un jour 100% renouvelable ou s’il s’agit d’un objectif réalisable, mais plutôt de savoir combien de temps cela prendra. Parlons-nous de 20, 30 ou 40 ans?
La tendance est optimiste. Les volumes d’énergie renouvelables installées franchissent des records année après année. Cette augmentation d’installation d’énergies renouvelables s’accompagne d’une baisse des coûts technologiques et d’un intérêt croissant de la part des particuliers et des entreprises. Des centaines d’entreprises s’engagent à 100% d’énergie renouvelable. Pensez à des coalitions comme RE100 et à des initiatives comme l’alliance des acheteurs d’énergie renouvelable (Reneable Energy Buyers Alliance).

Malheureusement, la transition n’est pas suffisament rapide pour éviter un changement climatique dangereux. Pour maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale dans la limite de 2 degrés (et de préférence aussi près que possible de 1,5 degrés, comme convenu lors de l’Accord de Paris). La transition vers une société neutre en carbone doit être plus rapide.

Les normes et les labels écologiques peuvent jouer un rôle dans cette évolution. L’un des objectifs des labels écologiques est d’inciter les consommateurs à faire plus et à pousser toute une filière dans une démarche plus durable. Cependant, seule une poignée de normes recommandent explicitement l’usage d’énergie renouvelable. Et celles qui le font en recommandent l’usage de manière facultative et non obligatoire.

Il y a plusieurs raisons à cela.

  • Les normes et labels les plus influents fonctionnent au niveau international. Beaucoup pensent qu’en matière d’énergies renouvelables, de grandes variations existent entre pays et entre régions. Par conséquent, ils supposent qu’il est impossible de mettre en place une recommandation globale.
  • L’énergie, et en particulier l’électricité, continue à être perçue comme un «sujet difficile» et «très différent des autres aspects sur lesquels se concentre les labels».
  • L’énergie n’est pas visible, et donc facilement oubliée.
  • Les normes revoient généralement leurs critères une fois tous les 5 à 10 ans. Ce qui représente une période très longue pour le secteur des énergies renouvelables, au vu de l’évolution rapide de ce secteur au cours des dernières années. Ce qui a du sens en 2012, n’est pas nécessairement vrai en 2017, comme en témoigne les critères pour l’électricité verte de LEED. LEED était parmi les premières normes à inclure un chapitre sur l’électricité verte, mais son texte n’a pas été à jour avec les derniers développements et semble maintenant plutôt confus.

Nous appelons nos collègues d’autres écolabels, à évaluer les possibilités d’inclure les énergies renouvelables dans leurs critères, ou à vérifier comment les normes peuvent aider à accélérer une transition vers une énergie 100% renouvelable.

L’énergie renouvelable devient rapidement la manière de produire de l’énergie la moins coûteuse. C’est déjà le cas dans de nombreuses régions du monde. Les panneaux solaires sont disponibles dans le monde entier et, suite à l’approbation du Greenhouse Gas Protocole Scope 2 Guidance, les contrats d’énergies renouvelables deviennnent de plus en plus courants, même dans les marchés d’électricité non libéralisés. Bien que ce soit nouveau, personne ne doit avoir peur d’être un «combattant solitaire» dans cette démarche. Partout où l’on regarde, les entreprises et les ménages passent aux énergies renouvelables et communiquent à ce sujet.

Il est temps de prendre en compte cette évolution dans les normes existantes. Nous pensons aux nombreuses normes pour les bâtiments, pour le secteur touristique, pour les restaurants, pour les biens de consommation, etc

 

Si vous avez des questions ou besoin d’aide technique, nous serons heureux de vous aider! Contactez-nous pour plus d’informations.

Steven Vanholme
Directeur d’EKOénergie
info@ekoenergy.org