La lutte contre le changement climatique commence dans votre cuisine

Aujourd’hui, le 1er novembre, les vegans du monde entier s’unissent pour célébrer la Journée Mondiale du Véganisme. C’est une occasion unique de partager les avantages de cette façon de vivre et de manger. Ce n’est pas seulement un régime alimentaire qui cherche à protéger le bien-être des animaux ; c’est aussi un choix pour notre santé et pour préserver l’environnement.

Le bétail représentait 7,1 gigatonnes de gaz à effet de serre en 2010, selon les données les plus récentes fournies par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Ce chiffre représente 14,5% des gaz à effet de serre produits par l’homme dans le monde et dépasse les émissions annuelles de l’ensemble du secteur des transports.

Mais il ne s’agit pas uniquement d’émissions de gaz à effet de serre. Le bétail est la cause directe de 80% de la déforestation dans la forêt amazonienne et une cause importante de pénurie d’eau. Cela est dû à la quantité de terres utilisées dans le monde entier de manière intensive pour la monoculture d’aliments pour le bétail – au lieu d’une variété de céréales, de légumineuses et de légumes pour nourrir les humains.

Nous devons adopter globalement un régime « flexitarien » si nous voulons maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 2°C, voire en dessous de 1,5°C. C’est l’une des conclusions notables de l’étude de recherche « Options for keeping the food system within environmental limits » (Options pour maintenir le système alimentaire dans les limites de l’environnement), publiée cette année dans la revue scientifique Nature.

En choisissant un régime flexitarien, le citoyen lambda mangerait 90% de porc en moins, 75% de bœuf en moins et diminuerait de moitié sa consommation d’œufs. Par conséquent, il consommerait trois plus de légumineuses et de légumes verts et quatre fois plus de noix et de graines. L’étude indique que ce changement individuel, accessible à la plupart des gens partout dans le monde, réduirait les émissions des animaux d’élevage de moitié.

« Notre façon actuelle de produire et de consommer des aliments touche à sa fin », a déclaré Jouko Riihimäki, directeur commercial de Jalofoods, une société spécialisée dans les produits végétaliens. « Les recherches montrent que les assiettes composées d’aliments carnés ont beaucoup plus d’impact sur l’environnement que des produits végétaux ».

Le produit phare de Jalofoods est le tofu : l’un des produits riches en protéines végétales qui pourrait devenir un allié dans l’effort de réduction de la consommation actuelle de viande. La société finlandaise (comme la plupart des activistes vegans) tente de montrer aux citoyens que remplacer les produits à base de viande peut être facile, peu coûteux et agréable.

« Notre empreinte carbone est particulièrement faible comparée à d’autres produits riches en protéines », explique Jouko. « C’est le résultat de beaucoup de travail et d’une attention constante portée à l’écologie et à l’éthique ».

Jalotofu est produit avec de l’électricité certifiée EKOénergie, un choix qui affirme leur position quant à la protection de l’environnement. « Utiliser de l’énergie verte tout comme changer de régime alimentaire, plus végétal, va devenir une tendance dominante. Faire confiance aux labels tel qu’EKOénergie est une manière simple de garantir un avenir plus écologique ».

Le changement de régime alimentaire a commencé à faire l’objet de discussions dans les médias au cours des derniers mois et des dernières semaines, principalement en raison de sa mention dans le rapport spécial du GIEC sur les impacts du réchauffement de la planète. Le rapport indique le rôle important que devraient jouer les secteurs de l’agriculture intensive et de l’élevage dans le ralentissement du réchauffement climatique. Il souligne également la nécessité de réduire la consommation de viande si l’on veut réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les organisations environnementales sont depuis longtemps conscientes du lien entre la viande et les produits laitiers et le réchauffement climatique. Greenpeace propose une réduction globale de 50% de la production et de la consommation de produits d’origine animale d’ici 2050. De son côté, ProVeg International est plus ambitieux et exige la même réduction d’ici 2040.

Ce n’est que par une approche globale et un effort commun que nous pourrons lutter contre les dommages causés à la nature par l’être humain depuis des décennies. Cette lutte, elle commence dans votre cuisine !

Article écrit par Teresa Lopez

Traduit par Julia Urbaniak